L’entretien suivant s’agit du premier réalisé par l’Association Paris Baby Arbitration à l’occasion du quatrième édition de son chronique mensuelle, le Biberon. Nous vous invitons à lire l’intégralité de nos chroniques, disponible sous forme de pdf sur la page dédiée.
Pourquoi as-tu choisi l’arbitrage et comment as-tu commencé ta carrière ?
C’est lors d’une discussion avec un jeune avocat exerçant en arbitrage international que j’ai entendu parler de ce domaine pour la première fois. J’étais alors en première année à Sciences Po Paris et n’avais donc pas encore commencé mes études de droit. Ce domaine m’a tout de suite intéressée car ce jeune collaborateur semblait passionné par son travail et du fait de la complexité et des aspects internationaux de la profession. J’ai assisté à mon premier cours d’arbitrage international à la Law School de l’Université de Chicago alors que j’y étais en échange en premier cycle. J’ai ensuite décidé de me spécialiser de suivre le Master de Droit économique à Sciences Po dans la spécialité de Contentieux & Arbitrage qui englobe tous les modes de règlement des différends et m’a ainsi apporté une bonne connaissance à la fois de la procédure civile française et du droit français de l’arbitrage.
J’ai ensuite complété ma formation par un Master en Droit international privé et droit du commerce international à l’Université Paris-1 (Sorbonne) et j’ai vraiment apprécié cette matière. L’arbitrage international était une suite logique pour moi s’agissant d’un moyen de règlement des différends principalement utilisé pour les différends commerciaux internationaux, ce qui m’a permis de mettre en pratique mes connaissances de droit international privé et d’envisager en pratique toutes les questions juridiques liées aux contrats internationaux que j’avais étudiées. Pendant mes études, j’ai fait plusieurs stages en Contentieux/Arbitrage dans des cabinets en France et au Brésil et j’ai débuté comme collaboratrice chez Linklaters il y a quatre ans après l’obtention du CAPA.
Nous avons vu que tu avais eu l’occasion d’être chargée d’enseignement un jour, penses-tu que la carrière académique peut faire la différence dans l’arbitrage ?
L’arbitrage international est un domaine en évolution permanente et il est particulièrement important les différences tendances et développements dans plusieurs systèmes juridiques, ce qui rend l’exercice plus difficile que dans d’autres matières. Avoir une activité académique (je ne parlerais pas de carrière académique dans mon cas) permet de s’actualiser et d’appréhender les nouveaux défis de la matière. Cela peut se faire à travers l’enseignement mais également par la rédaction d’articles ou la participation à des conférences ou à des formations. Il est néanmoins important de choisir celles qui présentent le meilleur contenu, ce qui peut s’avérer difficile dans un domaine où un grand nombre de conférences ont lieu tout au long de l’année un peu partout dans le monde. Outre les activités académiques, il me semble également très important pour les jeunes praticiens de chercher à développer une expérience tant en tant que conseil qu’en tant que secrétaire de tribunaux arbitraux. Je trouve l’expérience du côté du tribunal arbitral fondamentale pour améliorer la qualité du travail en tant que conseil et elle aide bien sûr à
développer les compétences nécessaires pour éventuellement agir en tant qu’arbitre dans le futur.
Quelles sont les qualités qui doivent être présentes chez le stagiaire / collaborateur arbitragiste ?
De bonnes compétences juridiques et une sensibilité aux enjeux économiques et commerciaux, qui fait une grande différence. L’enthousiasme et la persévérance sont également essentiels.
Aurais-tu des conseils particuliers pour les jeunes qui cherchent leur place dans l’arbitrage ?
Le succès de l’arbitrage international a engendré une croissance du nombre d’étudiants intéressés par ce domaine et une augmentation conséquente de l’offre de formation spécialisée. Il me semble cependant très important de ne pas se concentrer uniquement sur l’arbitrage et de chercher à acquérir des connaissances de fond. Bien qu’il soit aujourd’hui nécessaire d’avoir de l’expérience, académique ou pratique, en arbitrage afin de trouver une place dans une équipe spécialisée, toute personne ayant une bonne connaissance d’autres domaines juridiques devrait faire la différence.